M. Sarkozy a livré les grandes lignes de cet avant-projet, la philosophie qui l'inspire et avancé quelques pistes sur lesquelles il entend l'infléchir. "Un mineur de 2006 n'a plus grand-chose à voir avec un mineur de 1945", a ainsi soutenu M. Sarkozy, pour qui "l'ordonnance de 1945 n'est plus adaptée". C'est sur cette ordonnance relative à l'enfance délinquante qu'est fondé le principe de la protection des mineurs : elle instaure la création d'un juge des enfants qui préside un tribunal spécifique et peut prescrire des mesures éducatives dont le suivi est assuré par des personnels spécialisés.
"Nous vivons dans la culture de répétition de mesures qui ne servent à rien, a estimé M. Sarkozy. Je me demande si un mineur récidiviste de plus de seize ans ne pourrait pas être considéré comme un majeur." En avançant l'idée d'un abaissement de la majorité pénale, il prône ainsi une véritable rupture avec un texte fondateur qui privilégie l'éducatif sur le répressif. Fidèle à son habitude, le ministre de l'intérieur n'a pas hésité à lancer ce ballon d'essai pour obliger la majorité à débattre sur le terrain qu'il a choisi, tout en sachant que ce choix est loin de faire l'unanimité dans les rangs mêmes de l'UMP.
Pour le ministre de l'intérieur, en matière de prévention de la délinquance, le problème principal réside dans l'"impunité pénale" dont bénéficient, selon lui, les mineurs : "la sanction est incontournable, elle est la première étape de la prévention".
Pour appuyer son raisonnement il inclut dans un même panorama de la "montée de la violence gratuite", les violences urbaines de novembre 2005, les manifestations contre le contrat première embauche (CPE) et les statistiques de violences aux personnes. "Si on excuse la violence, il faut s'attendre à la barbarie", conclut le ministre de l'intérieur, s'en prenant cette fois à la gauche, dont il dénonce la "volonté obsessionnelle d'expliquer l'inexplicable".
Lemonde.fr
En bref, Nicolas Sarkozy veut abaisser la majorité à 16 ans pour pouvoir sanctionné pénalement les mineurs de 16 à 18 ans de la même façon que les majeurs car il considère que les jeunes sont mûres de plus en plus tôt et doivent donc être traiter de la même manière.
Que pensez-vous de son projet de loi et des arguments avancés par Nicolas Sarkozy?